09 — LARME BLANCHE

J’aimerais tant rêver
être prisonnier de l’oreiller
chuter, tomber puis me cogner
dans le cadre du lit, me réveiller 
allumer la lampe à mon chevet
pousser d’un geste le cendrier
sentir le frais me rhabiller
poser mes pieds sur le parquet

D’ici deux heures, tout sera éteint
dix pour la grande, la petite près du un
dis si tu veux, que c’est lâche, que c’est chien
dis si tu peux, que là où j’erre, je vais bien

J’aimerais tant rester
être passionné par ces contrées
lutter, y croire, ne pas connaitre la vérité 
t’écrire cette lettre sans la gommer
ravir tes souvenirs puis m’effacer
teinter mes restes et leur fumée
essuyer ma peine sur le plancher

D’ici deux heures, tout sera éteint
dix pour la grande, la petite près du un
dis si tu veux, que c’est lâche, que c’est chien
dis si tu peux, que là où j’erre, je vais bien

La tempe posée sur le palier
je vois les pieds du brancardier
une larme blanche fuit ma cornée
j’entends pleurer…
j’entends parler, je suis cité
Puis soudain comme une idée
si je me tue - votre monde n’existe plus


Puis soudain comme une idée
si je me tue - votre monde n’existe plus