01 — L'AVALANCHE

Quand vient la nuit de dimanche à lundi
je m’occupe, je trace des axes de symétrie
je fais ça sur mon lit
depuis tout petit

Oui quand l’ennui des dimanche m’envahit
je m’agace et menace les veilleurs de nuit
j’efface à l’envie
toutes mes autre vies 

J’avais le choix 
mais j’ai décidé noir 
J’en couvre les parois  
de mes nuits blanches ivoires

Je ne dors toujours pas
je ne dors toujours pas
et demain est là 
derrière le rideau

La nuit sera immense
par dépit, j’y ai élu résidence
Pourquoi demain est toujours en avance ?
Comment n’ai-je pas vu venir l’avalanche ? 

J’ai pas fini voyage au bout de l’ennui
trop occupé à rêver à mardi 
les mardi passés 
et celui qui suit

La symétrie c’est 2 semaines en une nuit 
c’est croire encore que tout n’est pas écrit
que rien, non plus rien 
ne s’oppose à l’ennui

J’ai fait le choix 
j’aurai des idées noires 
J’en couvre les parois  
de mes nuits blanches ivoires

Je ne dors toujours pas
je ne dors toujours pas
et demain est là 
derrière le rideau

La nuit sera immense
par dépit, j’y ai élu résidence
Pourquoi demain est toujours en avance ?
Comment n’ai-je pas vu venir l’avalanche ?

02 — LES CHERS LEADERS

Je hais les nuits d’autômne
les gymnases, le badminton
les Chers Leaders
les orchidées de l’éternel
Les centaines de mètres restant à parcourir
qu’y pouvais-tu d’ailleurs ? à part courir

Les 15 novembre m’ont tous déçu
du jaune est apparu dessus
les clichés carrés du temps perdu
couleur - douleur des ans sur de l’argent
toi qui n’auras pas vu
l’ouvrage du blanc sur tes parents

Ça fait trente ans
que le printemps n’existe plus
Il n’y a plus de saisons, il a trop plu
Ça fait trente ans
les cerisiers sont en pleurs

Je refuse, je refuse de croire
ma disparue de naguère
froide et prisonnière
des 432 miles marins de la mer

Je n’aime pas plus
ce ruban bleu entre nous deux
le tissu de ma peine insulaire
Je le sais
encore et encore
Mégumi
ton corps est au nord

Ça fait trente ans
que le printemps n’existe plus
Il n’y a plus de saisons, il a trop plu
Ça fait trente ans
les cerisiers sont en pleurs

03 — QUITTE À ME QUITTER

Je craque et l’allumette lèche le vent
je me brûle et j’incendie nos printemps
je souffre dernier dîner, dernière cène
j’étouffe l’odeur de mon cœur occis gène
je pleure il fait noir tout est teint
je meurs je dessers nos demain
j’ai peur de grandir en les singeant
j’ai peur de me mentir, de faire semblant

Quitte à me quitter tu te souviens :
‘Va, vis mais reviens’
tatoué sur ton dos, sur le mur mitoyen
de mon abri sous tes reins.
J’ai cru voir les confins de nos liens
oublier en chemin
que le tien c’est le mien
qu’à nous deux on ne fait qu’un.

J’ai cru Bruxelles plus belle et ma peine capitale
j’ai vu l’échappée belle, je capitule sans escales
malgré ce que l’on tint pour un an blême
peut-être plus même, peut-être plus même
Je n’ai pas vu qu’enlevant l’encre je t’empreintais
j’étais perdu dans l’aversion du t’aime
puis j’ai relu ces quelques notes juste à côté d’un V.T
c’est pas comme ça qu’on sème
c’est pas comme ça qu’on sème

Quitte à me quitter tu te souviens :
‘Va, vis mais reviens’
tatoué sur ton dos, sur le mur mitoyen
de mon abri sous tes reins.
J’ai cru voir les confins de nos liens
oublier en chemin
que le tien c’est le mien
qu’à nous deux on ne fait qu’un.

Quitte à me quitter tu te souviens :
‘Va, vis mais reviens’
tu m’as dit :
‘Va, vis mais reviens’
‘Va, vis mais reviens’

04 — ANTOINE DE 7 À 9

D’une dune à l’autre
c’est une histoire qui se répète
quand vient le soir je te crie des lettres
sans timbre poste - alors elles restent 

D’une lune à l’autre
la même histoire me prend la tête 
Putain je hais, cette foutue veste
cette veste couleur moutarde ouverte

Je me souviens en noir et blanc
j’avale des couleurs avec le temps

Ici la lune est d’une couleur orange sanguine
j’entends du bruit à Constantine
j’ai des paillettes dans la poitrine
j’aimerais tellement qu’on rembobine

Cléo 
Cléo 

Je n’ai pas vu le temps 
le temps passer de 5 à 7 
je me souviens pourtant 
j’ai dû partir je le regrette.
Sans toi à présent 
j’ai encore moins que 5 ascètes


1er Solstice 61
l’été en vert mais contre toi 
j’avais des crampes à l’estomac
mais pour une fois je me sentais bien

C’est passé vite de 5 à 7
même pas 2 heures en fait 
le temps de 4-5 cigarettes

L’amour l’après midi n’a pas suffi
je me souviens des polonias Place d’Italie
je m’apprête à perdre sûrement ce soir
mais j’aurai connu Cléo Victoire

Cléo 
Cléo 

Je n’ai pas vu le temps 
le temps passer de 5 à 7 
je me souviens pourtant 
j’ai dû partir je le regrette.
Sans toi à présent 
j’ai encore moins que 5 ascètes

05 — LOVE LATER

A priori on ne s’était même pas vus
tout ça nous est tomBé dessus
on a dansé et là j’ai su que C’était toi
que tout converge vers le Détroit

Tant pis pour Eux, tant pis pour lui
y a du relieF quand tu souris
tu n’osais plus l’envisaGer 
en attendant vivons cacHés

Je t’écrirai peut-être Love - Later
mais je t’écris d’abord au crayon à papier
les couleurs primaires sont trop vives - c’est comme les fleurs
ça en fout partout une fois séchées

 

On a choisi : Icare sera notre modèle
nos souvenirs seront des Jpeg
le traKas, des fois notre collègue 
prends garde à toi si tu t’en vas je te coupe les aiLes

Paris la nuit, deux cafés crèMe
j’ai horreur du matin quand je te ramèNe
les pleurs de l’Orore sont parfois cruels
j’ai vu la fin de l’époPée dans le tunnel

Je t’écrirai peut-être Love - Later
mais je t’écris d’abord au crayon à papier
les couleurs primaires sont trop vives - c’est comme les fleurs
ça en fout partout une fois séchées

J’admire ton Q à l’abribus
j’ai des arrièRe-pensées en plus
je sens sans ceSse battre mon pouls  
j’ai beau luTter je te vois partout

J’aurais pU creVer d’une histoire sans suffiXe
j’ai dérivé sur le Y du StY
et si un jour nos voeux sont tièdes
on fera un feu pour qu’il nous aide (Z)

Je t’écrirai peut-être Love - Later
mais je t’écris d’abord au crayon à papier
les couleurs primaires sont trop vives - c’est comme les fleurs
ça en fout partout une fois séchées

06 — EST-CE L’EST ?

Plage arrière d’une berline
Berlin s’efface, décline
pourquoi jamais le doux ne dure ?
foutu futur


Plus rien ne sera pareil
tes murmures ont mes oreilles

Faire que Paris rapetisse
disparaisse de nos iris
un long trajet par l’autre route
sans clim’, sans doutes 

Est-ce Berlin Est
les douces soirées d’Août ?
Ou est-ce d’être si loin de l’Ouest
qui congédia mes doutes ?

On était loin d’imaginer demain
on était bien on le savait pas
l’été se meurt après demain  
et ne s‘exporte pas

Cette fois l’émoi durera
une année, peut-être trois  

Est-ce la vitesse,
notre nouvelle adresse ?
oh, c’est bizarre que ce soit
si loin de la mer qu’on se noua

Est-ce Berlin Est
les douces soirées d’Août ?
Ou est-ce d’être si loin de l’Ouest
qui congédia mes doutes ?

On a conjuré le passé oppressant
comme dépassés par le présent
On a écrit au futur sur les murs
cru au cristal, aux bonnes aventures

On se demandera sans cesse
si nos desseins d’enfant
s’affichent à Berlin Est
et s’effacent en rentrant

Est-ce Berlin Est
les douces soirées d’Août ?
Ou est-ce d’être si loin de l’Ouest
qui congédia mes doutes ?

07 — SI LE VOUS VOUS PLAIT

Je cours
je me rue j’ai rendez-vous
à l’autre bout de la vie
tant pis je me dévoue

À travers champs et marais chauds
je remonte le temps
en route pour l’Est et le sommeil, le vent
j’ai le soleil en sac à dos

Si le vous vous plait, je vous dirai vous
ou bien comme font les anglais, je vous dirai You.
J’estomperai le trait, le rideau entre nous
je repeindrai pour vous la place acajou
Si le vous vous plait, je vous dirai vous
ou bien comme font les anglais, je vous dirai You.
J’estomperai le trait, le rideau entre nous
je me dévouerai, je vous dirai tout 

Je cours
je me tue le feriez-vous ?
pour revoir une amie
un amour flou

J’efface les barbelés, les miradors
je doute, la boue au sol m’indique la route
et si jamais tu dors
il restera qu‘on s’aima fort 

Si le vous vous plait, je vous dirai vous
ou bien comme font les anglais, je vous dirai You.
J’estomperai le trait, le rideau entre nous
je me dévouerai, je vous dirai tout 

Serez-vous là ?
Serrons nous fort
je n’ai pas pu me libérer à temps
je fais des rêves où tu m’attends

Si le vous vous plait, je vous dirai vous
ou bien comme font les anglais, je vous dirai You.
J’estomperai le trait, le rideau entre nous
je repeindrai pour vous, la place acajou
Si le vous vous plait, je vous dirai vous
ou bien comme font les anglais, je vous dirai You.
J’estomperai le trait, le rideau entre nous
je me dévouerai, je vous dirai tout

08 — LE GRAND SOMMEIL

Je ne peux plus me réveiller, rien à faire 
sans moi le monde peut bien tourner à l'envers 
engourdi par le sommeil et prisonnier de mon lit 
j’aimerais que cette nuit dure toute la vie 

En partant tu m'as mis le coeur à l'envers 
sans toi la vie est devenue un enfer 
entortillé dans mes draps je crois me souvenir de toi 
lorsque tu disais tout bas que tu n'aimais que moi 

Entortillé dans mes draps je crois me souvenir de toi 
lorsque tu disais tout bas que tu n'aimais que moi 

Tout ce qui se passe au dehors m'indiffère 
que le monde saute ce n'est pas mon affaire 
dans ces draps bleus traîne encore l'odeur de tes cheveux 
ce bleu infiniment bleu que j'trouvais dans tes yeux 

Lorsque je rêve tu es tout près de moi 
c’est la seule façon de rester avec toi 
c’est la raison pour laquelle je n'veux plus quitter mon lit 
pour qu'enfin toutes les nuits durent toute la vie.

C'est la raison pour laquelle je n'veux plus quitter mon lit 
pour qu'enfin toutes les nuits durent toute la vie